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Eric Gormand, Fondateur d’Airdiem,

Un « Baroudeur épicurien »


Eric Gormand nourrit l’univers de la marque Airdiem à travers une carrière atypique et exotique. Diplômé de la prestigieuse école de Saint Cyr, il sera officier pilote d’hélicoptère pendant dix ans, avant d’obtenir un MBA d’HEC qui lui ouvrira une autre destinée. Petit-fils d’un soyeux lyonnais – fournisseur des maisons de haute couture Dior, Balenciaga, Schiaparelli… – Eric Gormand se passionne depuis toujours pour l’artisanat de luxe et son sens du détail se retrouve dans une collection pointue. Dès 2006, il fait appel à des créateurs de renom pour designer des narghilés hors du commun. En détournant ce bel objet porteur de sens, il lui redonne ses lettres de noblesse. La collection Airdiem a reçu de nombreux prix de design, « Red Dot Award », « Label Observeur du Design », « Prix Van de Velde », et rejoint des musées et collections particulières tout en étant utilisée dans les lieux les plus confidentiels, tels que le Mandarin Oriental de Tokyo ou le Cheval Blanc de Randheli…


 Comment a commencé votre histoire avec le narghilé ?


Adolescent j’avais entendu parler du narghilé au travers de mes lectures d’écrivains français comme Pierre Loti et Alexandre Dumas, mais je ne connaissais personne qui utilisait ce produit.

J’avais toutefois repéré deux photos dans le magazine Paris Match  ou  Gabriel Matzneff et Antoine de Caunes s’affichait comme fumeur de narghilé…

… et j’ai eu l’occasion d’être initié  au narghilé quelques temps plus tard.

C’était en 1995, lors d’un séjour à Sarajevo durant la guerre de Yougoslavie. J’étais à l’époque un jeune officier récemment sorti de Saint Cyr et j’appartenais à une escadrille d’hélicoptères de combat. Notre vie était ponctuée par nos missions de guerre et nos permanentes alertes au camp fortifié. Nous avions un narghilé au bar de l’escadrille qui représentait très clairement à la fois la détente après l’action, la pause méritée et tant attendue, le réconfort.

De retour en France je n’ai décidé qu’une dizaine d’année plus tard d’acquérir un narghilé. Je pense que c’est une caractéristique propre au narghilé, il nous accompagne dans certaines périodes de notre vie, jusqu’à devenir un objet intime, mais on peut le délaisser pour plusieurs mois ou plusieurs années pour le retrouver avec plaisir.


Qu’est-ce qui vous a séduit dans le narghilé ?


J’ai tout de suite aimé le gout et l’odeur du narghilé mais aussi l’élégance de la gestuelle. C’est un peu une madeleine de Proust, il rappelle de bons moments de convivialité  un peu comme l’heure de l’apéritif durant les vacances. C’est un produit encore décalé que peu de personnes connaissent. Des amis libanais me racontaient que lors des heures sombres des bombardements à Beyrouth c’était finalement l’objet principal avec lequel ils descendaient dans les abris, un objet de partage, le poumon autour duquel se rassemblait la famille.
C’est un objet qui véhicule des valeurs, un objet qui a du sens.


Vos narghilés ont un design original et luxueux. Quel est le fil directeur dans la création des narghilés Airdiem ?


La décision de créer une société destinée à être la marque de référence pour ce produit est née à la fois de l’analyse qu’il n’existait pas alors de narghilé de qualité, une pièce esthétiquement réussie et fonctionnant parfaitement, fabriqués avec des matériaux nobles et alimentaires mais aussi de l’intime conviction que ce produit n’est pas un produit du tabac mais une gourmandise, et qu’il s’inscrivait parfaitement dans l’ère du temps c’est-à-dire une recherche de moments d’exceptions, de petits luxes, de moyens naturels et historique de se relaxer.
Si le narghilé était ancré dans l’imaginaire collectif comme ancré dans une culture orientale avec des valeurs d’accueil et de partage, ancrés dans une culture, son usage devait être plus facile et avoir des propositions esthétiques permettant aussi de décorer des lieux contemporains.
Pour le développement de notre collection nous avons donc collaboré avec  des designers passionnés et dont nous apprécions la « patte », un dessin reconnaissable : c’est du Hilton, c’est du …
Ce sont aussi de belles rencontres pour redéfinir dans son usage un objet qui raconte une histoire née il y a plus de 500 ans.

Nos narghilés sont faits pour durer avec des composants tous sélectionnés pour leur grande qualité. Les pièces sont belles et fonctionnent parfaitement. Tout est fabriqué par nos soins, un peu dans la tradition des manufactures ou les savoirs faires sont tous maitrisés. Nous sommes heureux de contribuer à maintenir en Europe les compétences des nombreux métiers nécessaires à la fabrication de nos modèles.


Où sont-ils créés ?


Nos narghilés sont actuellement fabriqués en France mais nous avons des sous composants qui viennent de nombreux pays d’Europe. Nous avons par exemple développé et fait fabriqué un  bruleur innovant  par la manufacture de porcelaine de Reichenbach en Allemagne ; qui est depuis 1830 une manufacture historique d’exception.
Il y a une vrai légitimité française à fabriqué des narghilés. Saint-Louis, Baccarat et Christofle ont fabriqué ce produit jusqu’en 1914. Nos designers, qui dessinent aussi pour les grandes marques de luxe français Hermes, Louis Vuitton,… nous ont permis d’identifier et de collaborer avec les meilleurs artisans français dont les noms ne se communiquent pas comme vous pouvez l’imaginer. C’est cette quête de l’excellence qui nous a permis de co-signer des narghilés, notamment avec Baccarat en 2010 mais aussi avec d’autres grandes maisons dans les prochains mois.


Il est possible de fumer vos narghilés sans tabac. Comment cette innovation s’est faite ?


Airdiem ne fabriquait pas de tabac ni de charbon jusqu’à cette année. Mais nos clients, souvent des hôtels et lounges du monde entier, ne trouvaient pas aussi facilement qu’ils l’auraient souhaité les consommables pour faire fonctionner nos produits. Nous avons alors décidé d’innover avec un nouveau support et de sortir une première collection de saveurs intitulées « sur la route de la soie ».

e mélange traditionnel pour narghilé est lui composé de fruits, de miel et de sucre, appelé mélasse, et de 20% de tabac naturel qui sert de fixateur aux saveurs. Le produit est appétissant voir même gourmand.

Le produit est alors chauffé dans le bruleur grâce à  un charbon placé au-dessus. La vapeur d’eau parfumée qui sort de notre bouche est donc issue d’un narghilé qui agit comme un distillateur, identique dans le principe à celui que l’on utilise en parfumerie pour extraire des essences à partir de fleurs ou d’agrumes.

Le mélange pour narghilé est toutefois vendu comme un produit du tabac alors qu’il n’en a pas les caractéristiques et qu’il est fabriqué par l’industrie agroalimentaire.

Des évolutions du produit ont déjà eu lieu lorsque des fabricants indiens ont remplacé le tabac par du thé … mais ce nouveau produit toujours végétal était encore assimilable au tabac.

Notre mélange unique se présente sous la forme de minéraux naturellement poreux qui sont imbibés de saveurs naturelles.  C’est le caractère minéral de nos produits qui permet la vente libre hors bureau de tabac et l’utilisation sans restriction. Le principe de fonctionnement est identique, mais alors que le mélange traditionnel devient noir et asséché, nos minéraux finissent secs après la distillation.


Grâce au design et aux innovations que vous proposez, le narghilé Airdiem se trouve là où on ne l’attend pas. Pourriez-vous nous parler des ces  nouveaux usages et contextes ?

Nous avons dès le début de l’aventure Airdiem eu cette vision d’un narghilé qui serait un produit de dégustation unique, comme un thé qui s’apprécierait sous la forme de vapeur. En développant cette collection  de saveurs notre approche « française »  d’un produit naturel et sophistiqué va pouvoir s’exprimer sans contrainte.

Les saveurs dans le narghilé s’obtiennent soit à partir du mélange distillé dans le bruleur soit à partir du liquide placé dans le vase du narghilé. Déjà aux siècles précédents les femmes, grandes amatrices de narghilé au Moyen Orient,  ajoutaient à l’eau du vase de la fleur d’oranger ou de l’eau de rose pour adoucir la fumée,

Le narghilé peut rentrer dans des endroits aussi antinomiques qu’un Spa, avec une approche santé bien être, qu’une boite de nuit où un barman peut exprimer son art de la mixologie directement dans le vase du narghilé.

Dans les SPAS le narghilé devient un nouvel objet d’aromathérapie.


Pour vous le narghilé c’est….


…une passion à communiquer d’urgence dans une époque où l’on cherche du réconfort et des plaisirs simples !

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